Il était le vrai roi d'Angleterre.
CHAPITRE XI.
La cour d'Édouard VI.—Influence de Cranmer.—Les réformateurs d'Allemagne favorisés.—Les jeunes seigneurs et les jeunes filles de la plus haute aristocratie très-adonnés aux lettres.—Les ladies Somerset.—Mildred Cecil.—Mistress Clark.—Lady Vaughan.—La comtesse de Pembroke.—La princesse Élisabeth.—Lady Jane Grey.—Amitié du roi pour Jane qui protège Élisabeth.—La princesse Marie.—Cassette de Jane Grey.—La Bible et Platon.—Les dialogues.—La Renaissance.—Souvenirs personnels—Les philosophes.—Les réformateurs.—Jane païenne et chrétienne.—Ses habitudes.—Ses parents et Aylmer.—Deux récits.—Le Phédon.—Attractions multiples de Jane Grey.
En dehors de la politique, la cour d'Édouard VI était charmante. C'était un couvent libre d'adolescents et de vierges dont Cranmer, l'archevêque de Cantorbéry, était comme l'abbé. Il y avait innocence, courage, beauté, lutte de science et de vertu parmi cette élite de l'aristocratie anglaise.
Les intrigues des oncles du roi, le duc de Somerset et le grand amiral, les cabales coupables de Dudley, duc de Northumberland, le tentateur des deux Seymour et de sa propre famille, n'avaient cessé de planer au-dessus et autour de la jeune cour, moitié érudite, moitié élégante. Mais cette cour plongée dans toutes les études de la Renaissance, passionnée de théologie et d'art, doit être indiquée avec son originalité dans cet intervalle efflorescent de 1550 à 1553.
Il faut saisir dans les documents secrets de cette époque et singulièrement dans les lettres latines soit d'Ascham, soit d'Aylmer, non moins que dans les Mémoires de Strype, la physionomie de cette cour où le primat d'Angleterre et ses amis les humanistes étaient plus respectés, plus admirés, plus applaudis que les lords.
Le roi donnait l'exemple.