Ces plans du cardinal Polus étaient approuvés à Rome. Il entretenait des correspondances innombrables. Il conspirait par de hardis agents en Angleterre. L'un des frères du cardinal, sir Geoffrey Polus, dénonça secrètement à Henri VIII tout le complot. Le roi ne se croisa pas les bras. Il se hâta de tout abattre par un bill d'attainder de son Parlement et par les haches de son prévôt. Les députés, les pairs et les bourreaux étaient également dociles. Sur un geste de Henri, ils condamnèrent et décapitèrent après lord Courtney, lord Mountague, un autre frère du cardinal Polus, et leur mère, la comtesse de Salisbury elle-même, une Plantagenet, la dernière de cette illustre race. Chose tragique entre toutes! elle périt à soixante-dix ans, sur l'ordre de Henri Tudor, son cousin, par la main du bourreau, et selon les révélations de sir Geoffrey Polus, l'un de ses fils.

Henri VIII était le schisme fait homme. Il se précipitait tantôt à droite, tantôt à gauche, frappant à coups redoublés hérétiques et papistes. C'était le théologien de la mort.

Quand, après le supplice de Lambert, il eut décimé la maison et la faction du cardinal Polus, il tenta de prouver au monde qu'il était le plus impartial des princes et le plus ferme des catholiques. Or le catholicisme pour lui consistait à renier le pape autant que Luther, mais à ne pas toucher aux dogmes. Ces dogmes que repoussait l'Allemagne, Henri VIII les dressa en six articles et les imposa barbarement à tout son peuple sous peine du gibet, du billot ou du bûcher.

Jésus-Christ est corporellement dans l'eucharistie.

La communion sous les deux espèces n'est pas indispensable, puisque le Sauveur est tout entier dans chacune des espèces.

Le prêtre ne doit pas avoir de femme.

Les vœux de chasteté sont inviolables.

Les messes privées sont bonnes et d'accord avec l'Écriture.

La confession auriculaire est utile et même nécessaire.