C'est ainsi que l'histoire a été comprise par M. Dargaud. Il ne se contente pas d'explorer le terrain, il le fouille. Il cherche dans les mœurs, dans les civilisations, dans les traditions, dans la nature surtout, le secret des choses qu'il retrace. Il met une clarté dans chaque date, un enseignement dans chaque fait, une vérité dans chaque conclusion ; il note tous les mouvements de l'esprit humain, et de toutes ces impressions, de tous ces attendrissements, de tous ces fanatismes, de tous ces héroïsmes, il compose la vie dans son expression la plus fidèle, mais la vie en face du temps qui la dépasse et de Dieu qui la juge.
M. Dargaud a voyagé en Écosse, s'est pénétré de l'impression des lieux, s'est penché sur les ruines qui sont les témoins du passé, a vu et touché le sol, a étudié les figures dans les vieux portraits suspendus aux murailles des abbayes et des musées, a senti son sujet, en un mot, avant de le traiter. Il a taillé ainsi une statue vraie de Marie Stuart, une statue qui est l'image d'une époque, d'une civilisation, des religions aux prises, des ambitions en lutte, d'une femme qui fut une reine, et d'une reine qui fut une martyre ; une statue, pour tout dire, vivante et parlante comme l'humanité.
A. de La Guerronnière.
(Le Pays, 5 octobre 1851.)
Voici un livre dont la publication est toute récente, et qui pourtant a déjà été l'objet des controverses les plus passionnées. Attaqué sans mesure comme sans équité, et ardemment défendu, le livre de M. Dargaud a eu cette bonne fortune d'émousser aux yeux du public ces dénigrements et de justifier ces sympathies, deux mérites à notre sens et deux succès pour un!
Nous nous rendons facilement compte du sentiment qui a poussé M. Dargaud à prendre pour sujet cette saisissante figure de Marie Stuart, et à la faire revivre sous nos yeux dans le cadre splendide du XVIe siècle.
La fatalité, qui devait présider à la destinée de Marie, la prend au berceau.
Arrachée aux périls qui la menaçaient en Écosse, et conduite en France, sa présence est un éblouissement pour la cour des Valois, habituée cependant à tant d'élégances et à tant de merveilles.
Mais bientôt la scène change. Marie retourne en Écosse.