— Vous dire que je regrette bien que vous ne soyez pas un homme : je vous cognerais volontiers sur le museau !
Sortant mon revolver de l’étui, je le brandis dans la direction du portrait de Tolstoï, tirai… et boum !… ce fut, dans la petite cage de bois, comme un bruit de tonnerre. Deux ou trois des buveurs d’eau s’étaient jetés sous la table ; ils geignaient et bégayaient de vagues choses… L’un d’eux, le diable emporte cette caricature d’homme ! s’était jeté à genoux sur le parquet, et, mains jointes, m’implorait :
— Pitié ! Pitié ! disait-il d’une voix bouleversée.
— Sombre horreur ! lui dis-je. Tu te mets à genoux devant un de tes semblables ! Qu’est-ce que tu as donc dans les veines !
La « mère » était devenue très pâle.
— Que voulez-vous ? dit-elle. Que vous ai-je fait ?
— A moi, rien, répondis-je. Mais vous assassinez ces pauvres diables. Vous en faites des larves immondes. Au lieu d’en faire des hommes vous en faites des grenouilles. Cette sinistre comédie a assez duré ! Je veux qu’ils boivent ! Je veux qu’ils se saoulent !
— Mais qu’ils se saoulent ! dit-elle. Je ne les retiens pas…
Puis, se tournant vers eux :
— Voici ces messieurs qui vous invitent à boire de l’alcool. Vous savez que je n’ai jamais essayé de violenter vos consciences. Si le cœur vous en dit…