Puis se penchant vers lui et lui parlant de plus près :

— Je te dis de jouer, Gross… Veux-tu jouer ? Oui ? Non ?

Après un temps :

— Non… Il ne veut pas jouer… Tu es libre. Mais tout à l’heure tu viendras dans le bureau de M. Sqwal et je te parlerai…

Alors il la regarda avec des yeux à la fois pleins de haine et de peur et comme s’il se réveillait d’un sombre petit rêve de révolte :

— Non, madame, dit-il. J’aime mieux jouer…

Il se mit à courir… Ses petits camarades l’avaient pris et l’entraînaient.

Mme Sqwal se remit à sourire :

— C’est un bon petit, dit-elle. Mais il a ses caprices…

Quand les enfants sentaient qu’on ne les regardait pas, ils s’arrêtaient de jouer, reprenaient leur air farouche de petits proscrits. Mais Mme Sqwal avait une tête extraordinairement mobile et qui savait se tourner de tous les côtés à la fois. Alors partout où elle projetait son regard, les jeux reprenaient aussitôt, comme l’herbe s’enflamme sous un rayon de feu… Mais quels jeux ! Des jeux de comédie et de complaisance où il n’y avait pas un cri, pas un geste, pas un rire, qui fût sincère… Un petit à grosse tête tournait autour de nous et ne cessait de dire : « Que je m’amuse ! Que je m’amuse ! » en regardant de notre côté.