— Oui, monsieur Sqwal, dit l’autre.

Farquard s’était levé à demi. Je crus qu’il allait se jeter sur le nouveau venu…

— Monsieur Sqwal ! dit-il, d’une voix joyeuse et cordiale. La santé est bonne, monsieur Sqwal ?

LXIII

— Ah ! bonjour, monsieur Farquard, dit Sqwal, en éclatant d’une sorte de rire de cheval qui s’ébroue. Comment va notre petit bambin ? Je ne l’ai pas vu depuis deux ou trois jours…

— Il est un petit peu souffrant, fit l’autre. Je me demande si ce n’est pas la croissance…

— C’est très probablement la croissance, dit Sqwal, et, si j’ai un conseil à vous donner, monsieur Farquard : méfiez-vous. C’est un cap que nos garçonnets doublent parfois assez difficilement. Dans ces cas-là je ne saurais trop recommander les fortifiants…

— Ah !… dit Farquard, qui jouait admirablement les idiots, je suis content de vous l’entendre dire, monsieur Sqwal. Voilà un mois que je me tue à le répéter à ma femme : « Jane, ce garçon a besoin de fortifiant ! » Mais essayez donc d’avoir une conversation sérieuse avec une femme !

— Ah ! Ah ! Ah ! pouffa Sqwal, et les vitres en tintèrent… Il ne faut pas dire du mal de votre femme, monsieur Farquard. C’est une femme dont j’ai pu apprécier à différentes reprises les solides qualités de bon sens et le cœur excellent. D’ailleurs elle a ceci pour elle qu’elle aime les marmots ; or, voyez-vous, monsieur Farquard, quand on a devant soi quelqu’un qui comprend les enfants, qui s’attache à faire leur bonheur, et, retenez bien ceci, je vous prie, à les rendre meilleurs, j’estime qu’il faut passer sur tout le reste…

— Bien dit ! s’écria Farquard. Voilà qui est fortement pensé et joliment exprimé ! Monsieur Sqwal, — asseyez-vous donc… Nous allons boire quelque chose.