Sqwal fit un geste de la main et éclata de rire :
— Jamais d’alcool !
— Ah ! monsieur ! dit Farquard d’une voix triste et fâchée, je croirai, si vous me refusez ça, que vous avez honte de trinquer avec un pauvre diable comme moi !
— Mais, monsieur Farquard… disait l’autre, en se défendant…
— Allons ! Allons ! l’interrompit Farquard. Monsieur Sqwal, vous m’avez pris mon gamin ; vous êtes en train d’en faire un homme… Puisque l’occasion s’offre à moi de vous en remercier, vous ne m’empêcherez pas de la saisir…
Sqwal, ravi au fond et qui ne cessait de faire : ah !… ah !… ah !… Sqwal s’inclinait.
— Patron ! cria Farquard. On va passer dans la petite pièce du fond. On sera plus tranquilles pour causer…
Nous passâmes dans une espèce de salon qui n’était séparé de la salle commune que par une porte vitrée. C’était un réduit grand à peu près comme un placard. Deux ou trois tables. Des chaises. Une banquette de cuir. Il y avait au mur une gravure en couleur représentant « Bolivar abdiquant ». Sqwal, de tout son grand corps disloqué, se laissa tomber sur la banquette de cuir ; Farquard s’assit en face de lui, et, quant à moi, pour ne rien perdre de ce qui allait se passer, je m’assis entre eux deux, au bout de la table.
Le patron avait apporté trois verres et il s’apprêtait à nous y verser la dose habituelle de gin. Mais Farquard lui posa la main sur le bras :
— Laissez ça, dit-il. Je ferai le service moi-même.