— Je suis le père du petit Farquard, que tu as eu comme élève, — et que tu as torturé !
— Sanction et réparation !… fit Sqwal, stupide.
— Oui, dit Farquard. Sanction et réparation !… Belle formule !… et qui avec moi aura son sens plein !… Sqwal, abominable brute, pourceau immonde, nous allons sanctionner et réparer !… Debout !
— Mais… eh ! Farquard… tu es saoul !… bégaya le maître d’école, — et il fit mine de porter la main à son verre, pour boire, — ou pour jeter à la tête de Farquard.
Mais l’autre ne lui en laissa pas le temps. Il le prit par les cheveux… tira !… han !… Sqwal poussa une sorte de hurlement, se leva, pâle soudain, dégrisé, s’appuyant du dos au bord de la table, les traits crispés.
Et pan !… le poing de Farquard se décocha comme une énorme pierre… Sqwal reçut la chose en plein sur l’œil, bascula par dessus la table, les quatre fers en l’air, la tête cogna contre le mur avec un bruit sourd, il resta affalé, le corps sur la banquette, les jambes sur la table… Il n’avait pas fait ouf !… Je me penchai sur lui. Il avait la peau de la joue comme crevée d’un coup de couteau. Le sang coulait…
— Vous l’avez tué ! dis-je à Farquard.
— Pensez-vous ! fit Farquard. Ces charognes-là ne crèvent pas… Mais l’animal a la tête dure comme du bois. Je me suis à moitié foulé le poignet…
Il but une gorgée de gin.
— Un million ! dit-il. Je ne donnerais pas ce coup de poing-là pour un million !