— Où aller, Patrice ?
— Il y a trois solutions. La première : retourner à Aklansas poches vides et tête basse…
— Cent mille fois plutôt crever !
— La seconde : lâcher le Sloo, piquer sur les placers classiques du New Koléa ou du Brundsey, où nous serons toujours sûrs de pouvoir, primo : ramasser un peu d’or… pas beaucoup, — mais enfin de quoi sauver la face… secundo, manger…
— Médiocre, çà, Patrice !…
— Très médiocre. La troisième : lâcher le lit du Sloo, vu qu’il y a le traîneau et que les traîneaux ne sont faits ni pour flotter sur l’eau ni pour trotter sur le sable, mais, plutôt, comme je me le suis laissé dire, dans de la bonne neige d’au moins six pouces…
— Lâcher le lit du Sloo, Patrice ?
— Le lâcher, oui, James, — suivre la route d’au delà des montagnes, par l’intérieur, reprendre la rivière plus haut, à l’entrée dans les plaines…
— Ah ! bon ! Vous m’avez fait peur ! Car vous savez : notre destin est sur le Sloo !
— Il est là et nulle part ailleurs, — oui !… Hein ! est-ce bête ! Je crois au Sloo plus encore maintenant qu’il m’a floué… La victoire est une simple question d’entêtement… Pas d’or ici ? Il y en aura là-bas !… là où le Sloo quitte les montagnes et vient battre sa flemme sur cent quarante milles dans les plaines… C’est là qu’il dépose ses petites saletés… Aucun homme de bon sens ne peut en douter. C’est ainsi que les choses se passent pour le Chari et le Rowl… C’est à la sortie des montagnes que les eaux lâchent leurs paillettes… J’ai réfléchi à cela toute la nuit… Qu’est-ce que vous avez fait, vous, cette nuit ?… Dormi, hein ?