Valmineau se précipite, il découvre, effondrée sur une banquette, une fillette folle de terreur, qui le regarde approcher sans avoir la force de faire un mouvement. Le pêcheur prend l’enfant dans ses bras, et remonte sur le pont du navire gémissant de toutes parts ; il y arrive au moment où la baleinière s’approche, et le dialogue s’engage, tandis que les canotiers manœuvrent à ranger le bord du yacht.
— Ohé ! du Gabion !
— Ohé ! braconnier !
— Vous arrivez trop tard. Y a plus rien à bord !
— Quoi ? Ils sont tous morts ?
— Tais-toi donc, Mortimprez. Regarde cette moucheronne.
Le barreur a enjambé le bastingage défoncé, ce qui lui est rendu possible par l’immobilité du bâtiment, solidement fiché dans les roches ; se tenant à un cordage, il se penche sur l’enfant, qui est à peu près évanouie maintenant au bras du solitaire. Mortimprez s’apitoie :
— Pauvre mioche ! fait-il. Plus jeune que ma dernière ! Et alors, les autres ?
Damase montre les corps, le canot vide et défoncé ; puis il conclut :
— Vous n’avez plus rien à faire ici, les camarades. Prenez les papiers du capitaine, et retournez au Port vivement, vu que la mer ne va pas être longue à démolir cette carcasse.