— Avez-vous suivi quelques exercices de la mission actuelle, mon enfant ?
— Tous, Monsieur le Doyen ; et chaque fois, je trouvais notre église plus remplie.
— Hier, intervint Mortimprez, nous étions plus de trois cents chefs de famille venus recevoir, des mains du R. Père directeur, le souvenir de mission.
— C’est cela même, fit le doyen. Le couronnement du séjour des Rédemptoristes parmi nous doit être l’érection d’un Christ en ciment armé qui remplacera celui que la tempête nous a arraché voici plusieurs années.
— On le scellera sans doute sur le piédestal qui s’élève au sud du port, à la fourche des routes de la Meule et du Vieux-Château ?
— Parfaitement, lieutenant. Il me faut des hommes d’élite pour porter l’image de notre divin Maître ; voulez-vous être le premier d’entre eux ? Ce serait d’un bel exemple…
— Ce serait surtout pour moi, Monsieur le Curé, un honneur, une joie immenses. Je vous remercie vivement de me le proposer.
— C’est donc entendu, mon cher enfant : le bon Dieu vous saura gré de la peine que vous aurez prise pour son service. La fête est fixée à dimanche prochain ; elle sera fort belle : Mlle Annie a brodé pour les jeunes filles du bourg une bannière magnifique.
— Mlle Annie ?
— La fille adoptive du braconnier de la mer.