En rougissant, elle protesta.
La veille, revenue par hasard de meilleure heure au logis, elle avait découvert sa sœur occupée à faire disparaître de ses habits les souillures d'une poussière fraîche. Sans doute la fillette espérait abolir ainsi les traces d'une sortie clandestine.
Une scène encore les bouleversa. Henriette prétendit avoir été prendre l'air, un instant, au Luxembourg afin d'atténuer sa migraine. Pour quelle raison alors ces soins de toilette si elle ne tenait pas à taire sa promenade, demanda Marceline.
— Oh! tu es si drôle, répondit-elle, toi tu vois le mal partout. On est obligée de tout te cacher.
Depuis, Marceline certaine de la faute, ne cherchait plus que les moyens de céler à tous ces malheurs, à M. Freysse surtout. Elle prit froidement la défense d'Henriette, s'attardant à l'excuser et à en faire l'éloge, un peu satisfaite au fond de leurrer M. Freysse qu'elle se promettait de tenir à distance dorénavant. Elle lui en voulait des racontars émis sur leurs communes relations. Lui, avec son expérience d'homme, aurait dû se montrer assez délicat pour éviter les allures familières et compromettantes.
M. Freysse insistait.
— Mais enfin dites-moi quand elle doit venir. D'ici là je la ferai remplacer par quelqu'une de ces demoiselles.
— Je suis sûre qu'elle arrivera tout à l'heure ; elle me l'a promis. Ce matin elle souffrait un peu ; elle a demandé à rester couchée une heure de plus.
— Je puis compter sur elle, alors?
— Oui, monsieur.