De la rue Bressi, le 28 octobre 1769.

XXIII
GUSTAVE A LUCILE.

Ce que je redoutais si fort est enfin arrivé!

Nos familles sont divisées: rien ne peut les réconcilier. Tu m'échappes. Je ne puis soutenir ce revers; mon cœur se brise de douleur.

Ah! Lucile, que n'as-tu suivi mes conseils!

De la rue Neuve, le 29 décembre 1769.

XXIV
GUSTAVE A SIGISMOND.

A Pinsk.

Je touchais à l'objet de mes vœux. J'allais m'unir à Lucile. Comblée des dons de la fortune, de la jeunesse, de la beauté, de la vertu, tous ceux qui la connaissent enviaient mon sort. Que manquait-il à mon bonheur? L'heure nuptiale était arrêtée. J'attendais mon épouse sous des lambris dorés. Déjà la volupté faisait briller à mes yeux ses attraits séducteurs, et mon cœur enivré de joie se livrait à ses transports.

Mais tandis que le plaisir s'offrait à mon esprit sous la plus flatteuse image, le destin jaloux minait sourdement mon bonheur. Les feux de la discorde, qu'il souillait de toute part, ont pénétré jusqu'au sein de nos familles: il m'arrache ma maîtresse.