LUI.
Je ne sais ce que vous appelez liberté. On ne reconnaît dans ses États nulle autre loi que ses ordres. Il contraint ses sujets de servir; il les marie par force; il les dépouille à son gré; il les fait juger militairement. Or, tout cela n'annonce guère des hommes libres.
MOI.
Vous ne faites pas l'éloge de son cœur, mais vous ferez sans doute celui de son esprit.
LUI.
Il a de l'amour pour les lettres, du goût pour la poésie, et, par malheur pour son peuple, point de préjugés, car il est esprit fort.
MOI.
On le donne aussi pour un génie en fait de politique.
LUI.
Je ne disconviens pas qu'il n'entende à merveille l'art de négocier, c'est-à-dire, en termes plus clairs, l'art de tromper adroitement. Mais ce n'est pas en cela, je pense, que vous faites consister la science politique. Je vous dirai donc qu'il a de grandes vues, mais qu'il manque de grands talents.