J'acceptai ces offres obligeantes.
Ainsi, après une longue et fatigante journée, j'arrive à une méchante cabane. Je trouvai sur le seuil de la porte une bonne femme (c'était celle du berger) avec un petit enfant sur les genoux. Elle ne fut pas moins étonnée de me voir que ne l'avait été le pâtre.
Mon premier soin fut de chercher un endroit pour mettre mon cheval; et tandis que je lui préparais une litière et que mon hôte rangeait ses moutons, sa femme alla se disposer à nous recevoir.
En entrant dans la chaumière, je fus surpris de l'air mal propre qui y régnait: tout y présentait l'image de la misère la plus affreuse. Je comparais en silence ces murs enfumés aux lambris dorés des palais; et pour la première fois, je fis de douloureuses réflexions sur l'inégalité du sort des humains.
Nature marâtre, disais-je en moi-même, faut-il qu'une partie de tes enfants soient ainsi nés pour la servitude et le travail, tandis que l'autre nage dans l'opulence au sein de la mollesse!
Mon hôte vint m'en tirer pour prendre part à leur petit souper. Je me place à cette misérable table, et la petite famille se range en silence autour de moi.
Bientôt mes tristes pensées vinrent m'y trouver; elles me suivirent encore sur mon lit de paille. Enfin, excédé de fatigue, je m'endormis.
Le lendemain, je me réveillai à la pointe du jour et me disposai à partir.
En entrant dans l'étable, je trouvai mon cheval étendu sur la litière et rendu de fatigue. Il fallut rester.
J'allai trouver mon hôte, et lui fis part de mon embarras.