Je me lève avec difficulté, mes jambes fléchissent sous mon corps, et je marche en chancelant.
J'étais à peine hors de l'enceinte du château, que le soleil se leva. Cherchant les endroits où il donnait, je venais d'atteindre une petite colline, lorsque les forces me manquèrent tout d'un coup; je ne pus plus avancer, je m'assis.
Exposé à la douce chaleur des rayons naissants, peu à peu je me sens revivre; déjà je puis me lever, et je gagne à pas lents mon humble asile.
Bientôt la fatigue m'oblige de me reposer; je me couche un instant sur un talus au bord d'un grand chemin, rêvant à ma triste aventure.
Peu après, je me vois entouré de cinq cavaliers. C'étaient des Russes. Ils s'étonnent de me voir là, je les regarde avec la même surprise.
—Ami, me dit l'officier qui était à leur tête, levez-vous; il faut nous suivre, vous êtes notre prisonnier.
A l'instant, trois mettent pied à terre, me désarment et m'entraînent.
—Cruels, m'écriai-je, laissez-moi! vous voyez que je n'ai plus de forces.
—Hé bien, vous aurez un de nos chevaux.
En même temps, ils me firent prendre un peu d'eau-de-vie et m'aidèrent à monter. Ma douleur se ranime avec mes forces.
Nous partons.