[6: Fortune ne doit pas être pris ici dans le sens littéral. Il ne faut pas oublier que c'est un paysan qui parle.]
[7: Coignet note un seul détail pour faire juger de leur état de famine: Nous avions découvert des pois ronds dans un sac. Tout fut mis au pillage.]
[8: Les chèvres se détachent volontiers pour brouter les jeunes pousses.]
[9: Mot à mot: la marmite restait vide sous la huche à pétrir. C'est-à-dire: le pain sec remplaçait la soupe.]
[10: Je reviens à mon point de départ (terme de vénerie).]
[11: D'où le nom du village: Druyes-les-Belles-Fontaines.]
[12: Je me rappelle à ce propos que j'avais le nez sale. Elle prit la pincette pour me moucher, et fut assez méchante pour me faire souffrir. «Je te l'arracherai», me dit-elle.
Aussi la pincette fut jetée dans le puits. (COIGNET.)]
[13: Il fallait que ses quatre années passées dans les champs et dans les bois eussent en effet bien changé notre héros, pour qu'il ne fût reconnu par aucun des siens. Le fait paraîtrait invraisemblable si Coignet ne se distinguait par la sincérité des détails. Il convient aussi de faire remarquer qu'à la campagne et surtout dans une famille où la marmaille est nombreuse, on ne se grave pas dans la mémoire aussi bien qu'à la ville les traits d'un enfant. Puis, de huit à douze ans, l'enfant lui-même peut changer beaucoup.]
[14: Il n'eut pas cette peine, il ne nous revit pas. Mais ce n'est pas tout, il restait encore le petit Alexandre et la petite Marianne qui embarrassaient cette vilaine femme. Ne voulant pas perdre du temps, un beau jour que mon père était en campagne, elle fait descendre ces deux pauvres petits, les prend par la main le soir, à la nuit, et les mène dans le bois de Druyes, les enfonce le plus avant qu'elle peut et leur dit: «Je vais revenir»; mais pas du tout, elle les abandonne à la merci de Dieu. Jugez quelle douleur! ces pauvres petits au milieu des bois, dans les ténèbres, sans pain, ne pouvant retrouver leur chemin. Ils restèrent trois jours dans cette déplorable position, ne vivant que de fruits sauvages, pleurant et appelant à leur secours. Enfin, Dieu leur envoie un libérateur. Cet homme se nommait le père Thibault, meunier de Beauvoir. Je le sus en 1804. (COIGNET.)]