«Je tiens une petite lettre de vous du 2 janvier. Vous avez été malade et vous l'êtes peut-être encore. Voilà tout ce que je vois; je vais compter les minutes jusqu'à ce que j'aie une autre lettre de vous. Je serais désolé que M. de La Ferronnays quittât le ministère, et surtout qu'il fût gravement malade; c'est un homme excellent et tout loyal. Sa retraite, au surplus, changerait ma position. Car j'ai dit et répété à qui a voulu l'entendre, que je ne serais ambassadeur sous aucun ministre remplaçant mon noble ami. Il faut mettre cette lettre à la poste qui part.
«C'est du 20 au 22 que vous recevrez mon autre attaché, du
Viviers.»
LE MÊME.
«Rome, samedi 17 janvier 1829.
«Les journaux m'ont un peu rassuré sur La Ferronnays. Je viens de lui écrire pour le conjurer de rester; sa retraite ferait beaucoup de mal à la France. M. Pasquier, en entrant seul, diviserait tout; et quant à moi, je suis hors de la question. Si pourtant La Ferronnays était forcé de se retirer, cela amènerait, comme je vous l'ai déjà dit, le dénoûment naturel de ma position.
«On sait que je ne reste ambassadeur que parce qu'il est ministre; je l'ai déclaré cent fois, et c'est même cette déclaration connue qui a tant gêné les prétendants; car que faire de moi? Quel maudit homme je suis! Vous savez, en cas de retraite, quelles sont les prétentions de Mme de Chateaubriand. Quoi qu'il en soit, le résultat de tout cela serait de me ramener auprès de vous; c'est tout ce que je désire dans le monde.
«Un M. Prin, recommandé par Charles Nodier, m'a écrit pour me prier de le charger de la poursuite de mes droits d'auteur; je lui ai répondu qu'on ne jouerait pas Moïse. Vous avez maintenant toutes mes réponses par le courrier extraordinaire de Naples et par M. du Viviers; l'un a dû arriver le 4, et l'autre le 21 janvier. Je vais ce matin présenter une troupe de Français au pape; à mon retour, je trouverai peut-être une lettre de vous arrivée, et je fermerai la mienne.
«La poste est arrivée, et elle n'a rien de vous. Je vois que La Ferronnays va mieux et qu'il a travaillé avec le roi, Dieu soit loué!
«Il faut vous quitter jusqu'à lundi.
«Sa Sainteté a été pour moi la plus gracieuse du monde, et cela devant dix-sept témoins.»