«Une dépêche télégraphique annonce que le roi d'Espagne est libre et qu'il sera le 29 (jour de la naissance du duc de Bordeaux) au milieu de nos soldats. Je vous verrai à neuf heures un moment.»

Ce ne fut que le 1er octobre 1823, que le roi et la reine d'Espagne, rendus enfin à la liberté, s'embarquèrent à Cadix pour rejoindre à Port-Sainte-Marie le duc d'Angoulême et l'armée française libératrice.

M. DE CHATEAUBRIAND À Mme RÉCAMIER.

«Mercredi, 2 heures du matin.

«Je suis sorti hier trop tard du conseil pour aller chez vous aujourd'hui. Je crains que ma correspondance d'Espagne ne me retienne au delà de notre heure. Je suis désolé des décrets de ce roi et je tâche de prévenir le mal. Je croyais être libre après la guerre d'Espagne, mais je vois que les affaires pèsent sur moi plus que jamais. Si je ne suis pas à l'Abbaye à six heures et demie, c'est que je n'aurai pu finir. Je dîne chez M. de Cossé, et après le dîner, je vais avec Mme de Chateaubriand chez le duc d'Orléans. Demain à huit heures du soir, si vous y consentez, j'irai à la petite cellule, quoique vous ayez été bien rude la dernière fois. À demain! Je suis bien las et il me prend vingt fois par jour envie de planter tout là.»

LE MÊME.

«Dimanche matin.

«Je n'ai pu vous écrire hier. J'ai été presque malade, c'est-à-dire très-souffrant, et je le suis encore. Je me suis acquitté de la commission de M. Gérard et, je vous assure, uniquement pour lui; car si je m'oppose de toutes mes forces aux actes arbitraires, j'ai une grande répugnance à déranger le cours de la justice. J'insisterai pourtant. Le génie exerce sur moi la séduction que cette jeune femme, dites-vous, a exercée sur cet homme qui la enlevée, et quand vous venez mêler votre puissance à celle du talent, il faut bien que j'obéisse.

«À ce soir.»

LE MÊME.