Il dicta de Venise la lettre suivante:
«Venise, juin 1845.
(Dictée.)—«J'allais partir: les embrassements et les prières du jeune prince me retiennent. Mes jours sont ù lui, et quand il ne demande qu'un sacrifice de vingt-quatre heures, où sont mes droits pour le refuser? C'est vous, si vous m'aimez réellement, qui avez le droit de vous plaindre.
Je vais passer cette journée à revoir ces îles que j'ai déjà vues. Quand je passai par ici, il y a quelques années, on montrait encore, au milieu du grand canal, un écriteau qui portait que lord Byron avait passé là. L'écriteau a déjà disparu, et il n'est pas plus question du grand voyageur insulaire que d'un pauvre pêcheur des lagunes.
«Adieu; je vous aime, vous le savez bien. Permettez-moi de vous le redire une dernière fois.
«CHATEAUBRIAND.»
Revenu à Paris, il écrivait:
LE MÊME.
«Dimanche matin.
(Dictée.)—«J'étais si horriblement fatigué de mes quarante lieues de pavé, en arrivant hier, que je n'avais point lu les journaux du matin: c'est tout à l'heure, en m'éveillant, que je vois que vous avez perdu votre ami le prince Auguste de Prusse. J'irai à notre heure, si vous comptez encore notre heure pour quelque chose, causer de votre ami avec vous.