Il écrit encore:

«Second jeudi de la dispersion.

«Mme Lenormant vous possède, je prends bien part à son bonheur.

«Je me suis promené en calèche dans le parc de M. de Mortemart; j'y traçais par la pensée la circonscription de la Ville des expiations. Je sais bien que je ne serai fondateur que de cette manière.

«J'ai été quelques jours un peu languissant; mes bains m'ont redonné du ton. Je suis à présent comme j'étais en quittant Paris, de plus avec l'espérance que le moment approche de la fin de la dispersion.

«Vous avez su par les journaux la mort de M. Royer-Collard; le siècle s'en va.»

M. de Chateaubriand ne supportait pas la dispersion avec plus de patience que le doux Ballanche, et chaque jour une lettre désolée venait hâter le retour de Mme Récamier, en protestant qu'on ne voulait être compté pour rien dans ses projets.

Il dictait au 7 septembre quelques lignes qu'il terminait ainsi:

«Je suis fâché au reste, et à cause de vous, que ce beau temps-là, loin de me faire du bien, me fasse du mal. Jouissez bien de ces derniers soleils, et souhaitez toutes sortes de bonheur à cette jeune famille. Elle vient, c'est pour cela qu'elle est si gaie. Quand vous reviendrez, je reprendrai de la vie. Ne vous hâtez pas: je passe ici mon temps à Notre-Dame; il est bien rempli, il est à vous et à Dieu.»

Enfin un dernier billet plus triste que les autres décida le retour de
Mme Récamier.