— Non, elle ne pleurera pas, parce qu’on l’aimera bien. Elle est mignonne au possible, et elle va être le chouchou de tout le monde.

On se sépare après une tournée de baisers sonores.

— C’est Colette Champbourg, c’est ma « petite mère », explique Denise.

— Non, déclare péremptoirement Marie-Rose, ta petite mère, c’est tante Renée.

— Voilà, j’ai une petite mère dans le monde et une autre au couvent.

— Allons boire, propose Françoise, j’ai soif, moi ; c’est bourrant, la confiture de cirage.


Sur le seuil de l’appartement où Coudert flanait lors de l’entrée de Marie-Rose, des fillettes en groupe attendent leur tour.

Coudert prend l’une des timbales qui baignent dans une grande terrine, la présente à la bonne sœur, qui la remplit d’eau, puis la tend à la main la plus proche. La timbale vidée est remise plus ou moins brusquement dans la terrine, d’où Coudert la tire de nouveau, et ainsi de suite jusqu’à ce que toutes les soifs se trouvent apaisées.

Des protestations s’élèvent de temps en temps :