A travers le tout, passe une partie de cligne-musette que produit le désarroi et amène des protestations indignées. Mais le conflit ne dure pas ; on est trop pressé de jouer.

Les plus paisibles se sont réfugiées dans une petite avenue à l’écart, où elles jonglent avec des balles de peau cousue.


Çà et là, des duos se forment : une grande et une petite. La grande rectifie un détail de toilette, passe l’inspection des mains et des ongles, rattache des cheveux en désordre, gronde quelquefois et plus souvent câline.

Au passage des quatre cousines, une Violette interpelle Denise qui se rend docilement à la convocation.

— Voyons ce bobo… Cela va mieux, mais il ne faut pas toucher à la terre jusqu’à ce que le petit doigt soit entièrement guéri. Vous ferez votre jardin plus tard.

— Oui, Colette, répond Denise avec une affectueuse soumission. Savez-vous, Colette, notre petite cousine Marie-Rose est au couvent ; la voilà. Elle est toute jeune, mais on l’a prise quand même parce que sa maman est morte.

Camille tire la manche de l’indiscrète.

— Grand’mère a dit qu’il ne faut pas lui parler de sa maman parce qu’elle pleurerait.

La Violette répond, sur un ton de grande sœur raisonnable :