— Coudert, vous ne rincez pas les timbales, c’est dégoûtant !

— Ma bonne sœur, dites à Coudert de changer l’eau de la terrine ; elle lave tout dans la même.

Pendant que la jeune orpheline renouvelle l’eau suspecte, une Rouge offre à la cruche un verre particulier. Mais sœur Saint-Placide relève comme il faut cette infraction au règlement.

— Mademoiselle Charost, vous savez bien que ces « gailleries-là[1] » sont défendues ; je ne peux pas vous verser à boire dans ce verre. Servez-vous des timbales comme vos compagnes.

[1] Délicatesses.

— Coudert met ses doigts dedans.

Quelques enfants, pressées de retourner au jeu, s’impatientent de ces retards.

— En voilà des histoires ! Coudert, passez-moi bien vite une timbale, n’importe comment.

Coudert reçoit l’avalanche avec une placidité qui témoigne d’un sérieux entraînement. Que l’on proteste, que l’on supplie, que l’on s’indigne, elle n’accélère pas ses mouvements d’un iota.