Marie-Rose fait partie de la majorité banale. Ses fautes, toujours les mêmes, lui attirent le même petit sermon et la même pénitence. Elle s’en étonne et, pour un peu, s’en inquiéterait.

— Je dois commettre beaucoup plus de péchés que cela, pense-t-elle.

Mais les recherches les plus minutieuses dans son Manuel de la pieuse pensionnaire, ne donnent aucun résultat.

Elle avait neuf ans, lorsqu’une petite aventure lui fit connaître que la confession est une chose très simple, beaucoup plus simple qu’elle ne l’avait pensé jusqu’alors.


Un dimanche, à l’étude facultative du matin, elle voit Denise Louvière plongée dans une besogne qui l’absorbe toute. On n’est pas sévère, à l’étude facultative ; les enfants peuvent causer, pourvu que ce soit tout bas. Marie-Rose en profite pour se renseigner auprès de sa cousine.

— Qu’est-ce que tu copies donc là, Denise ?

— Ma confession, répond la petite Louvière, avec la candeur des âmes simples.

— Oh ! fait Marie-Rose pleine d’une admiration envieuse, prête-moi ce livre, où tu trouves tant de péchés ?

— Cherchons plutôt ensemble, veux-tu ? nous nous aiderons mutuellement.