Le lendemain, Sous la Chapelle a changé d’aspect. Sur des cordes tendues sont épinglées avec soin les robes de mousseline, les voiles nuageux, les légers bonnets de tulle. La longue table où, les jours de pluie, on joue aux dames, au loto, à l’oie, et que, pour la circonstance, on a recouverte d’une grande nappe, supporte les petits souliers blancs, les sacs de satin brodé, les ceintures de soie, les épingles à grosse tête de perle, les chapelets dans leurs écrins : tout l’attirail délicat et charmant des communiantes.
La mère Saint-Félix, maîtresse de l’ouvroir, aidée d’autant de grandes orphelines qu’il y a de sujets à habiller, procède aux derniers arrangements avec cette tranquillité des gens qui font tout à l’heure et que rien ne saurait mettre en déroute.
Une pensionnaire arrive accompagnée de son ancienne. Elle est en robe de dessous, une robe de percale blanche tombant sur les chevilles, avec une encolure très montante et des manches qui couvrent le poignet, quelque chose de modeste et en même temps de jeune, de frais, de pur qui charme dès l’abord.
La grande est toute prête. Elle sait bien qu’aujourd’hui elle ne s’appartient pas, qu’elle se doit toute à sa fille et qu’elle n’aura pas le temps de songer à elle-même.
— Bénard, avertit la mère Saint-Félix, voici Mlle Gourregeolles.
Sans hâte, avec des mouvements sobres et délicats, Bénard détache la robe de Marie-Rose et la lui passe sans y imprimer un seul faux pli. Ensuite elle pose la ceinture, puis le bonnet à ruche, et enfin le voile — besogne difficile qui demande beaucoup de soin et de dextérité. Ici se termine le rôle de Bénard, qui cède Marie-Rose à Mlle Le Faulq.
Celle-ci met au bras droit de sa fille le sac renfermant la bourse et le petit mouchoir brodé, au bras gauche le chapelet ; et elle lui présente le missel relié d’ivoire.
C’est le moment des effusions, et, dans presque tous les groupes, on échange des propos émus.
— Roberte, vous avez été très patiente avec moi, et je n’ai pas toujours profité de vos bonnes leçons. Mais je ne suis pas ingrate, je vous assure.
A côté :