Les communiantes, cierge en main, sont groupées en attendant leurs compagnes qui viennent les chercher pour aller en procession rendre visite aux hôtes de Nazareth. Car, au couvent, toutes les manifestations religieuses revêtent un cachet de grande politesse.

Les Vertes et les Jaunes sont très impressionnées. Quoi ! ce sont ces Bleues qui, hier encore, sautaient à la corde ou jouaient à cligne-musette, que voilà vêtues et traitées comme des reines !…

On tourne beaucoup la tête dans le jeune bataillon, et la mère Sainte-Thaïs a bien de la peine à former les rangs.


Marie-Rose est très contente de cette visite à Nazareth. Ce n’est pas tant à cause de la Sainte Vierge envers laquelle elle ne fut dévote que beaucoup plus tard, non plus pour saint Joseph qu’elle continue à traiter sans façon ; — pour ce dernier même, elle n’est pas éloignée de croire qu’elle lui fait une faveur en venant le voir dans sa toilette blanche. Non, toutes ses attentions, toutes ses grâces sont pour le cher Enfant Jésus qu’elle aime infiniment, tout comme au temps où elle lui portait des galettes et de petits cierges.

— Vous voyez, lui dit-elle en elle-même, c’est pour vous que je suis si belle.

C’est d’ailleurs le seul accès de coquetterie qu’elle eut dans toute cette journée.


Rien ne peut rendre la beauté du Chœur au jour de la première communion, la profusion de lumières et de fleurs, la splendeur des chants, la majesté des cérémonies, tempérée par la grâce du petit troupeau blanc qui évolue avec cet ordre, cette aisance que donne seulement l’exercice quotidien.

Les familles occupent des places de choix dans la chapelle du monde, mais sont séparées des enfants par la grille. Ce n’est qu’après l’office qu’il y aura une demi-heure de parloir.