La première communion est, au couvent, une fête essentiellement religieuse à laquelle ne se mêle rien de profane. Au réfectoire, même menu sans douceurs ni supplément ; et les enfants ne songent pas à s’étonner que l’on ne fête point le bon Dieu en mangeant mieux ni davantage.
Le seul changement au régime consiste en ce que les communiantes prennent leur récréation avec les religieuses dans la Bonne Allée des Capucins, et c’est un privilège qu’elles apprécient hautement. Pour tout un jour, elles sont traitées en grandes personnes.
La première communion marque une étape réelle dans la vie des pensionnaires du couvent. La formation morale, les instructions religieuses de ces derniers mois ont eu pour résultat d’élever l’âme et, en même temps, de mûrir l’intelligence des fillettes.
Désormais, elles seront plus enclines à l’indulgence et à la justice ; mais elles seront aussi plus réfléchies ; leur jugement sera plus précis et plus ferme. Entre les Bleues insouciantes et les Rouges déjà posées, il y a un pas très marqué dont le progrès dans les études ne fait pas seul les frais ; la première communion peut en revendiquer sa part.
V
LES PROCESSIONS
Les Rogations. — A Saint-Marc et aux Rogations, cela se passe sans cérémonie. On ne sort ni les belles bannières, ni la grande croix de vermeil. La seule bannière qui voie le jour, en cette circonstance est celle de saint Fiacre verte et or, légèrement défraîchie.
Le clergé, représenté par M. l’abbé, le « clerc noir », les enfants de chœur au grand complet, joue un rôle purement décoratif. On le lui fait bien voir. Écolières et religieuses se sentent chez elles, dans leurs jardins. Ce sont des sœurs converses qui portent la croix et la bannière. C’est la mère Saint-Félix qui jette l’eau bénite. Le « clerc noir » a beau se dépenser, faire des embarras, agiter son claquoir à tout bout de champ, on n’a cure de son autorité.
On part à cinq heures, et c’est déjà une joie que ce lever matinal. On parcourt la région du Gros Poirier où tout est sarclé, ratissé à souhait, et l’on se repose à Nazareth. Puis on se rend aux Capucins ; et, après avoir gravi l’Allée aux Coudres, la procession se développe magnifiquement dans la grande cour en terrasse que bordent les petits jardins des pensionnaires. On défile sous les berceaux de tilleuls et sous les noyers centenaires ; puis on regagne le chœur pour attendre les processions des paroisses qui, tour à tour, font une station dans les chapelles de la ville.
Il se produit souvent des réclamations.