On les morigénait parfois l’une de sa mollesse, l’autre de son excès de complaisance.
— Vous n’avez pas honte, Berthe ?… à quel âge marcherez-vous toute seule ? Et vous, Madeleine, laissez-la donc un peu se débrouiller ; elle est assez grande pour cela.
Mais la charmante fille répondait en souriant :
— Si je la lâchais, ma mère, je vous assure qu’elle s’effondrerait.
Et l’autre appuyait avec conviction.
— C’est vrai, que je m’effondrerais.
Si bien que tacitement, on respectait cette situation. Sachant que l’incurable veulerie de Berthe faisait d’elle une proie facile à toutes les influences, on la laissait sous la tutelle bienfaisante de son amie. D’autre part, on jugeait que cette précoce responsabilité, gentiment acceptée, était excellente pour l’éducation morale de Madeleine.
Thérèse Haurouy est la meilleure et la plus complaisante des pensionnaires. Si l’on a besoin d’un service, c’est à elle tout d’abord que l’on songe à s’adresser ; et, malgré ses quinze ans, elle se dérange pour une Jaune ou pour une Verte, tout comme si elles étaient des personnes de son âge.
— Thérèse, je prends votre ballon, le mien est crevé.