— Et j’espère aussi, fit Marie-Rose en riant, celle de la pharmacie.
La glace était rompue. Les anciennes locataires du vieux couvent se mirent à rire, puis à causer de bonne amitié.
— C’est que, voyez-vous, ma pauvre Sophie, je ne suis pas seule maintenant, et un mari est plus difficile à servir qu’une petite pensionnaire.
— Que madame se rassure ; j’ai si grande bonne volonté, que je suis presque sûre de réussir.
Et, de fait, Marie-Rose eut en Sophie la femme de chambre la plus adroite, la plus dévouée, la plus fidèle qui se puisse imaginer. Ce fut, à proprement parler, une amie — amie de condition inférieure et qui sut toujours se tenir à sa place, mais sur qui elle put compter, qui connut ses ennuis, ses inquiétudes, ses peines, qui les comprit, les partagea, et, jusqu’à un certain point, les atténua.
Tel est le bilan des amitiés de Marie-Rose. Ces amitiés furent très différentes dans leur nature, leur intensité, leurs manifestations, mais elles furent toutes sincères et durables.
III
ÉLÈVES ET MAITRESSES
Il est superflu de dire que les religieuses ont des préférées parmi leurs élèves. Quoi d’étonnant à ce que des femmes privées de famille s’attachent à certaines enfants plus intelligentes, meilleures, mieux douées, d’une manière ou de l’autre, que leurs compagnes. Mais le règlement est là, rigoureux et observé, qui s’oppose à toute manifestation de cette sympathie plus grande.
Et la préférence reste une préférence d’estime, n’entraînant aucun privilège pour les favorisées.