— Tête-de-loup, crie une Jaune, avez-vous fini de me tirer mon sarrau ? je vous allonge une tape, moi.
— Écoutez, Cormolin, fait une Blanche, je vous interdis de m’approcher, à moins que vous ne vous soyez préalablement mouchée, et encore !
La mère Saint-Ignace, attirée par le confit, ouvre la porte, prend la fillette à son cou, la dodeline, l’appelle « ma poule dorée ».
Et les petites moqueuses de repartir :
— Ah ! elle est belle, la « poule dorée », un balai à ramoner les tuyaux de poêle, oui !
Alors, la mère Saint-Ignace, qui n’est pourtant point prolixe, se montre éloquente pour défendre sa bien-aimée.
— Prenez garde que le bon Dieu ne vous punisse en vous rendant pires, vous, ou les enfants qu’il vous donnera un jour. Si ma petite Laurence n’a point les perfections du corps, elle a les trésors de l’âme, ce qui est bien préférable.
Les enfants ne répliquent point, parce que, si elles sont étourdies, elles ne sont point méchantes, et qu’elles seraient désolées de faire de la peine à la mère Saint-Ignace ou à sa pupille. Mais elles se disent que l’amitié est aveugle et que les trésors de l’âme du Hérisson sont loin d’être manifestes.
Le cas le plus bizarre et le plus inexplicable est celui de Fernande Béraud et de la mère du Sacré-Cœur-de-Jésus.