Les amies de Marie-Rose même ont part à la bonne volonté de la mère Pomme.

— Pour Mlle de Puyrenaud, une paire de bleus, un beau bleu ciel. Pour Laurence Cormolin, des gris, parce que, vous savez… — je ne voudrais pas vous chagriner, c’est votre fille — mais Laurence Cormolin n’est pas… heu… très soigneuse.

Marie-Rose fait signe que son opinion là-dessus est faite depuis longtemps.

— Donc : Mlle de Puyrenaud, bas bleus…, côtes jumelles : deux mailles à l’endroit, deux à l’envers…, fait la mère Saint-François de Sales comme pour se résumer. Croyez-vous qu’elle sera contente ?

— Je crois bien. Et pour mes rouges aussi, des côtes jumelles ?

— Non, fait la mère Pomme avec l’assurance que donne une longue réflexion, des côtes boiteuses : trois mailles à l’endroit, une à l’envers.

Marie-Rose ne sut jamais le rang qu’occupaient dans l’estime de la tricoteuse, les côtes jumelles et les côtes boiteuses, et si la considération inspirée par Hélène l’emportait sur l’amitié qu’elle-même inspirait.

— Et pour le Hérisson…, quelles côtes ?

— Pour le Hérisson…, pas de côtes du tout : mailles à l’endroit…, mailles à l’endroit, cela va plus vite.

Longuement, patiemment, Marie-Rose écoute la bonne femme discourir sur ce sujet qui l’aurait horripilée venant d’une autre. Mais elle sait que le tricotage est toute la joie de la mère Pomme et elle s’en voudrait de marquer le moindre déplaisir.