Il faut convenir, d’ailleurs, que c’est de très mauvaise grâce.

La mère Sainte-Rosalie est l’indulgence même, mais il faut bien coter le travail, et celui de Marie-Rose ne vaut pas cher. Sa mauvaise note lui attire généralement une punition, mais peu lui en chaut.

— Je me résignerais bien, déclare-t-elle, à apprendre cent lignes de Télémaque pour être dispensée d’un surjet.

La maîtresse de couture tomba malade et fut momentanément remplacée par la petite sœur Saint-Jude, une qui déplaisait aux pensionnaires, parce qu’elle avait l’air « en dessous ».

Marie-Rose put alors demeurer tout le temps de la classe, les doigts inactifs, la pensée vagabonde sans encourir le moindre reproche. Bien mieux, elle eut des notes qui, aux Billets, lui attirèrent des compliments. Cela se remarqua d’autant mieux que la petite sœur Saint-Jude était connue pour la rigueur de ses appréciations.

Marie-Rose s’étonna d’abord, puis protesta contre une partialité qui l’humiliait ; et finalement déclara qu’elle préférait un deux mérité à un huit auquel elle n’avait point droit.

A ces réclamations, la jeune maîtresse hochait la tête d’un air entendu. « Oui, oui, je sais ; tout cela fait bien pour la galerie, mais personne n’aime les mauvaises notes ni les punitions. »

La fillette n’en démordait pas ; elle soutenait ses principes avec une âpreté chaque jour grandissante. La situation se tendait de plus en plus et un conflit était imminent quand, par bonheur, la mère Sainte-Rosalie reprit sa classe et Marie-Rose ses mauvaises notes.

V
LES ENNEMIES

Deux paires d’antagonistes furent légendaires au couvent : la mère Saint-Joseph et Aliette Le Menn, la mère Saint-Boniface et Marie-Rose.