Avec un sourire heureux, Hélène fait remarquer que c’est là un commandement auquel il lui sera bien facile et bien agréable d’obéir.
Le roman de Charlotte. — Charlotte Périer et ses sœurs « sortent » chez un notaire de la ville qui a un fils étudiant en droit.
Entre le jeune homme et la petite pensionnaire s’ébauche un de ces romans faits de tendresse innocente et de rêves imprécis, très lointains. « Plus tard… » disent-ils quelquefois avec un regard d’entente. Et il leur semble que si « plus tard » cessait d’être ennuagé, il perdrait de son charme.
Voici comment se dénoua le roman de Charlotte :
Un certain premier jeudi du mois, jour de congé, Marie-Rose était consignée. Le soir, après souper, elle jouait, ou plutôt faisait jouer au ballon une demi-douzaine de Vertes et de Jaunes très honorées qu’une « grande » voulût bien s’occuper d’elles, et elle était si contente de la joie des petites qu’elle en avait presque oublié sa mauvaise journée.
L’une après l’autre, les pensionnaires rentraient ; elles montaient directement au vestiaire pour quitter leur toilette de ville, puis revenaient dans la cour en attendant la prière.
A un moment donné, Marie-Rose aperçut un chapeau garni de muguets dont la propriétaire disparaissait Sous l’Allée.
— Charlotte ! appela-t-elle.
Et elle se disposait à laisser le ballon des petites pour rejoindre son amie, quand elle se ravisa.