— Figure-toi qu’il m’a fait tout lui raconter de Pierre…; et il a été très dur. Il m’a dit qu’il ne fallait plus penser à lui autrement que je pense à tout le monde et que je devais détruire ou lui renvoyer tout ce qu’il m’avait offert… Mais quel mal y a-t-il là dedans ?… je te le demande, quel mal ?… On ne peut donc pas aimer certaines personnes plus que les autres… ou d’une manière différente ?…
— Le Père Selleron t’a-t-il dit que c’était si mal ?…
— Il m’a dit que c’était un danger très, très sérieux. M. l’abbé n’a pas de ces idées-là.
— Lui en as-tu quelquefois parlé ?
— Non, mais il ne m’a jamais interrogée là-dessus… Et s’il l’avait fait, je suis certaine qu’il aurait été moins cruel. Le Père Selleron n’y regarde pas, lui, à faire de la peine aux gens.
— Voyons, Marie-Rose !
— Enfin, j’ai promis ; il faut bien que je tienne ma parole. J’ai dans ma poche les pauvres petits dessins de la Marie-Rose…; c’est ce que je considérais comme le plus précieux…
— Tu vas les déchirer ?…
— Non, protesta l’affligée avec une légère indignation. Pour qu’ils soient piétinés par n’importe qui et se changent en boue !… Les brûler…, pas davantage… : la cendre s’envole partout et le résultat est le même… On ne respecte pas la cendre. Que fait-on de celle que l’on utilise ?… de l’engrais ou la lessive…
— Il y a des cendres sacrées que l’on conserve dans des urnes funéraires.