— J’ai promis de ne rien garder.

— Et puis, nous n’avons pas d’allumettes, riposta sagement Hélène.

— Voici donc ce que j’ai pensé. Nous allons faire un trou dans notre petit jardin et nous y coucherons les chers dessins entre les pétales de fleurs… Mais pas maintenant à cause des curieuses. De plus, il ne faut pas que Charlotte sache. Pauvre fille ! elle a bien assez de supporter son propre chagrin. On lui dira plus tard… Donc nous nous arrangerons pour rester ici toutes deux après la récréation…

— Ce ne sera pas commode ; il faudra désobéir.

— On désobéira, voilà tout.

— Oui, voilà tout, répondit simplement Hélène qui ne songea même pas au blâme ni à la punition qu’elle risquait, du moment où il fallait rendre service à son amie.

Mais il n’y eut pas besoin de subterfuge. Marie-Rose avait tellement la figure d’une personne qui n’est pas dans son assiette, que la mère Saint-Paul s’en aperçut.

— Vous avez mal à la tête, mon enfant ?

— Oh ! oui, répondit la fillette, sans mentir.

— Eh bien, restez ici encore une demi-heure ; vous reviendrez quand tout le monde sera en place ; le brouhaha d’une rentrée est toujours fatigant. Hélène restera à vous tenir compagnie.