— J’ai aidé ma cousine Trêves à broder une nappe d’autel.

— C’est pour cela que vous rentrez avec une figure de papier mâché. Et, dans quelque temps, ma cousine Trêves nous encombrera de médicaments variés pour « cette pauvre Isabelle bien pâle, bien délicate… » Si vous couriez au grand air, vous n’auriez pas besoin de pilules… Je suis sûre qu’il y a encore dans votre poche quelque dentelle en chantier…

Docilement, Isabelle exhibe un tout petit paquet blanc dont la vue cause une hilarité générale.

— C’est de la frivolité, explique-t-elle sur un ton d’excuse.

— Un nom bien choisi… Mais, ma petite Isabelle, c’est une maladie chez vous. Je vais vous faire surveiller, et si vous ne jouez pas consciencieusement aux récréations, je vous enverrai pendant les heures de couture, travailler aux jardins avec la bonne sœur Saint-Éloi.

Et, se tournant vers la surveillante générale qui est manifestement d’un avis contraire :

— J’aime bien, moi, quand il y a dans les familles des garçons pour secouer un peu ces petites demoiselles.


La nuit commence à tomber, et la mère Assomption se méfie de ce premier crépuscule. Elle craint qu’il n’apporte la tristesse.

— Allons, mes petites filles, dit-elle d’un air engageant, assez causé. Que l’on organise quelques défilés de « rubans ».