— Non, c’est de la précaution, riposte Marie-Rose, je n’ai pas envie d’étouffer, moi.
Et du moment où elle se trouve à son aise, peu lui importe que dans la famille on déclare qu’elle ressemble à une poupée de son.
Quand la toilette est terminée, on range les lits.
Les rideaux de basin blanc, suspendus à un gros anneau de cuivre, entourent le lit de trois côtés, formant ainsi le « coin » où chacune se sent chez soi — un « chez soi » bien réduit mais dont on se montre d’autant plus jaloux. Tous les matins, il faut ramener en plis réguliers les rideaux sur le pied du lit, afin que, pendant la journée, les fenêtres étant largement ouvertes, l’air puisse circuler librement, la lumière pénétrer jusqu’aux plus petits recoins.
Puis, pour donner au dortoir l’aspect rangé qu’ont, à toute heure, les choses du couvent, on redresse la courtepointe et on la tire sur le traversin.
Les courtepointes sont taillées à l’ancienne mode, de telle manière qu’elles couvrent toute la literie sans nécessiter un pli. Les lambrequins en sont si longs qu’ils touchent presque terre.
Marie-Rose, qui aime la précision dans les termes, dit quelquefois :
— Des courtepointes, cela !… Ah ! bien, je me demande comment seraient les pointes si elles n’étaient pas courtes.