Sept heures moins un quart. La cloche de sortie va bientôt sonner.

La semainière accomplit son office de rangement sous la surveillance de la petite novice. Quelques fillettes déjà prêtes s’occupent diversement. Les studieuses repassent une leçon ; les raffinées polissent leurs ongles sur un coin de leur tablier ; les coquettes examinent leurs dents ou rectifient leur coiffure devant l’unique petit miroir où l’on a bien de la peine à voir sa figure tout entière ; les babillardes ébauchent à voix basse une conversation où se mêlent des rires étouffés, des piques et même de petites disputes. Les lambines achèvent leur toilette, bousculées par la mère Saint-Boniface, gentiment aidées par la petite sœur au voile blanc dont la complaisance aplanit beaucoup de difficultés.

La porte s’ouvre sans bruit.

— Bonjour mes petites filles ; on est sages et bien portantes, ce matin ?

Toutes répondent à l’appel de cette voix douce et ferme qu’elles connaissent et qu’elles chérissent :

— Bonjour, mère Préfète.

— Sages,… fait la maîtresse, heu !… bien portantes… on n’a qu’à les regarder.

Le fait est que tous les minois sont frais et rosés, les mouvements prestes, l’œil vif.

— Alors, le vent n’a empêché personne de dormir ?

Les fillettes se regardent avec un étonnement interrogateur. Il a donc fait du vent ?…