— Asperges me Domine, hyssopo et mundabor.

— Lavabis me et super nivem dealbabor.

La maîtresse va de lit en lit, portant l’eau bénite aux petites filles. Et, comme on s’est éveillées le matin, on s’endort le soir, la prière sur les lèvres.

Quand, à neuf heures, la religieuse quitte le dortoir pour la cellule où, par une grande vitre mobile elle voit tout ce qui se passe à côté, les quinze têtes blondes ou brunes reposent sur l’austère chevet ; les respirations se rythment par le sommeil. Dans ce refuge clos et frais, aucun danger ne menace les petites dormeuses. Leurs âmes sont si pures que le mal ne saurait les effleurer même en rêve…

Sur la pointe des pieds, avec un geste de bénédiction, la maîtresse se retire.

II
LE RÉFECTOIRE

Les gens qui parlent avec des airs entendus du régime alimentaire des couvents, et qui sourient d’aise à la pensée des bons petits plats qui s’y préparent et s’y dégustent, n’ont sans doute jamais franchi la grille d’un cloître de Notre-Dame.

Voici, très exactement, quel était le menu quotidien d’une petite pensionnaire au temps de Marie-Rose. Et si celui des religieuses différait quelque peu, c’était pour être plus frugal, plus austère.

Au déjeuner, un bol de lait chaud… sans sucre, avec un morceau de pain… sans beurre. Au dîner, la soupe et le bœuf, du rôti, des légumes ou de la salade ; pas de dessert. A la collation, une tartine de compote ou bien un morceau de pain avec des fruits de la saison. Au souper, un potage, un ragoût aux légumes, un dessert très modeste. Le vendredi et le samedi sont vraiment jours d’abstinence. On a pour dîner un plat d’œufs ou de poisson, des légumes, une salade. Pour souper, un potage au lait, deux légumes, un dessert.