— Parce que naturellement on me sert des choses épouvantables.

— Si le dessert ne vous plaît pas, il faut vous contenter de pain sec.

Marie-Rose accepte la punition sans murmurer. Elle aime beaucoup mieux le pain sec que les poires blettes.


A une époque qu’il serait impossible à déterminer, une élève a, paraît-il, trouvé une tige de mouron dans la salade. Depuis lors, toute feuille autre que la laitue, la mâche ou la chicorée, est baptisée mouron.

— Ma bonne sœur, qu’est-ce que cette verdure, je vous prie ?

— Ça, mademoiselle, c’est des appétits.

— Non, ma bonne sœur, c’est du mouron.

— Faites excuse, mademoiselle, c’est de la pimprenelle et des cives qu’on met dans la salade pour qu’elle soit meilleure ; elles sont mal hachées, voilà tout, mais cela ne ressemble pas à du mouron, bien sûr.

Régine Tassel, dont les connaissances botaniques sont universellement reconnues, bien que cette réputation ne repose sur aucune base, prononce gravement :