— Ce sont des herbes à tisane.
Et tout le monde regarde son assiette avec méfiance.
Il existe encore cette vieille croyance que la soupe à l’oseille est faite avec des feuilles de mûrier blanc. Comme s’il n’était pas plus facile de se procurer de l’oseille que du mûrier à vers à soie.
Afin que certaines religieuses ne soient pas continuellement privées des repas pris en commun, le réfectoire est fait alternativement par quatre maîtresses.
Quand c’est le tour de la mère Saint-Boniface, les enfants sont désolées. Avec les mêmes éléments que ses collègues, elle trouve moyen de mécontenter tout le monde. Et elle n’admet aucune réclamation. Son unique réponse est celle-ci :
— Tout est pour le mieux si vous faites pénitence.
A cause de son goût pour la mortification, les enfants la nomment au réfectoire « la mère Quatre-Temps ».
La lectrice de semaine, servie la première, commence son office aussitôt après la soupe et le bœuf. Elle s’installe pour cela sur un de ces tabourets à marchepied, fort en usage au couvent et que l’on appelle pompeusement un « trône ».