— On célébra le triomphe de David sur le géant philistin, poursuit Marie-Rose, par des danses exécutées au son des cithares, des flûtes et des tambourins de liesse. Plus tard, David lui-même, devenu roi, dansa devant l’Arche d’alliance.
Mère Saint-Boniface fait taire la jeune discoureuse.
— Mademoiselle Gourregeolles, vous êtes très coupable d’abuser de votre facilité d’élocution pour induire vos compagnes en erreur. Vous savez parfaitement qu’il s’agissait là de danses sacrées, n’ayant rien de commun avec ces assemblées de perdition qui s’appellent un bal.
— Qu’à cela ne tienne, ma mère, on peut nous soumettre au régime des pas sacrés. Pour ma part, je serais ravie de danser au son des flûtes et des tambourins de liesse.
Cette fois, mère Saint-Boniface semble en proie aux appréhensions les plus douloureuses.
— Fasse le Ciel, ma pauvre enfant, que l’on n’ait pas plus tard à se reprocher la direction imprimée à votre jeune esprit par ces soi-disant leçons de maintien !
Oh ! les leçons de maintien ! quelle tablature elles donnent à la mère Saint-Boniface ! Comme elle ne peut rien contre le professeur, elle se rattrape sur les élèves. Elle guette leur sortie, et si l’animation causée par l’exercice est trop marquée et trop joyeuse, allez donc ! les remontrances pleuvent dru comme grêle.
Il n’y a cependant pas matière à tant d’anathèmes.
On apprend surtout aux fillettes à bien poser leurs pieds en marchant, à circuler dans les endroits encombrés sans heurter les gens ni bousculer les choses, à entrer avec aisance dans une pièce où il y a du monde, à garder une attitude modeste et gracieuse quand on est au repos.