ÉDUCATION ET INSTRUCTION

I
L’ÉDUCATION AU COUVENT

Le corps et l’âme de l’enfant. — Les congrégations religieuses n’ont pas attendu que de savants docteurs vinssent proclamer l’influence du corps sur l’âme et réciproquement ; leurs systèmes d’éducation sont basés sur la connaissance et le respect de cette vérité vieille comme le monde ; et les maîtres en physiolo-psychologie n’ont eu qu’à s’y référer pour leurs grandes découvertes.

La Préfète du temps de Marie-Rose fut une éducatrice hors ligne qui en aurait remontré aux pédologues modern-style les plus fameux.

Pour elle, tradition ne signifiait pas routine ; mais tout en se pliant aux idées et aux exigences de l’époque, elle demeurait fidèle aux anciennes méthodes, à celles qui ont fait leurs preuves — méthodes que leur fermeté n’empêchait pas d’être très souples et très maniables.


En face d’une crise d’apathie ou d’irritation dont l’enfant n’était pas toujours responsable, on n’usait pas d’emblée de châtiments qui, en l’occurrence, n’auraient fait qu’irriter ou déprimer, suivant les natures ; on écartait, au contraire, tout ce qui aurait été susceptible d’aggraver la situation, de la prolonger, de la transformer en état.

Tout en maintenant avec fermeté le principe de la sagesse et de l’application, on s’arrangeait pour y soustraire momentanément celles qui pouvaient en souffrir.

Les moyens usités à cet effet étaient multiples, divers, et d’une admirable simplicité. Le plus souvent ils étaient inspirés par les circonstances.

Pour les enfants habituellement dociles — qu’elles soient sous le coup d’un accès de nonchalance ou qu’elles aient un impérieux besoin de remuer — on se sert de la missive envoyée d’une classe à l’autre. La destinataire sait parfaitement de quoi il retourne. Le petit papier, généralement blanc, signifie : « Ma chère sœur, je vous envoie une petite fille qui s’endort, ou bien qui a des impatiences dans les jambes. A charge de revanche. »