Marie-Rose qui, d’autre part, eut tant de motifs de punitions, n’eut jamais maille à partir avec les glaces ; elle eut plutôt le tablier complaisant.
Elle n’était point coquette de nature. De plus, elle était persuadée qu’elle était laide, très laide, irrémédiablement laide ; et la mère Saint-Boniface l’entretenait dans ces idées salutaires.
— Il faut remercier le bon Dieu de ne pas vous avoir donné la beauté, mon enfant, vous échappez par là à bien des tentations.
Et, consciencieusement, la petite Gourregeolles remerciait le bon Dieu de l’avoir faite laide.
Marie-Rose grandit sans prendre l’habitude des glaces et sans devenir coquette. Échappa-t-elle ainsi à toute tentation, comme le supposait la mère Saint-Boniface ? Ce n’est pas sûr. La tentation existe bien sans la beauté. Mais elle échappa sûrement à beaucoup d’ennuis, de petits accès d’envie et de pertes de temps.
Le pain sec à la collation est appliqué à des cas nombreux, divers et peu graves : du désordre ou de la dissipation dans les rangs, de la lambinerie à obéir à la cloche, une altercation un peu vive entre voisines, etc.
La mère Saint-Boniface est une de celles qui usent le plus généreusement du pain sec ; et, comme c’est elle qui distribue les tartines, elle est mieux placée que toute autre pour l’application de la peine.
Marie-Rose fut souvent au pain sec ; la moitié du temps pour le moins. Heureusement qu’elle n’était pas gourmande !