Le nombre relativement considérable des religieuses, permet de ménager les professeurs qui ne sont astreintes ni aux dortoirs, ni aux réfectoires, ni aux récréations. Elles font leurs cours, surveillent les études, afin de pouvoir répondre aux demandes d’explications : c’est tout. Grâce à cette organisation, qui laisse de longs repos, leur esprit est toujours alerte, leur patience toujours disponible.
Parallèlement à l’instruction purement classique, il y a d’autres enseignements auxquels on attache un grand prix au couvent. La vie intérieure y joue un très grand rôle. On y habitue les enfants à réfléchir, à se replier sur elles-mêmes, à se rendre compte de ce qu’elles pensent, de ce qu’elles savent, de ce qu’elles veulent.
On les habitue encore à s’exprimer avec netteté, à employer l’expression propre, à bien articuler les mots, à terminer les phrases.
Le « bien parler » est une des marques distinctive de l’Ordre.
La classe verte. — Depuis la classe verte jusqu’à la classe violette, les études se poursuivent sérieuses, ponctuelles, sans à-coups, avec ce calme qui fait la force des éducations congréganistes.
On débute naturellement par apprendre à lire — non pas à ânonner, mais à lire clairement, de manière à se faire comprendre et à intéresser.
Les religieuses emploient volontiers les anciennes méthodes : tel les grand’mères ont appris à lire, tel apprennent leurs petites-filles. On reconnaît ses lettres avec la vieille prononciation bé, cé, dé ; puis on épelle, puis on syllabe longtemps avant d’assembler et de lire couramment.
A cause de ce respect pour le syllabaire antique, les Vertes sont désignées avec un peu d’ironie, sous le nom de petites « Croix de par Dieu ».
Dès la deuxième année, on apprend à lire le latin : les prières communes d’abord, puis les offices et les psaumes. C’est une des traditions du couvent, que cette lecture précoce du latin. Cela fait, tout à la fois, l’amusement et l’orgueil de M. l’abbé. Quand il amène un prêtre ami visiter le pensionnat, il ne manque pas de dire :
— Venez écouter mes petits Bénédictins.