Quand Marie-Rose, à l’encontre des idées admises à l’époque, décida qu’elle passerait ses examens, son père la confia à deux professeurs de l’Université : un pour les Lettres, un pour les Sciences. Ceux-ci, tout aux programmes officiels, déclarèrent d’abord qu’elle ne savait rien. Très peu de temps après, ils avouèrent qu’elle était moins ignorante qu’on ne l’aurait cru, et qu’on lui avait appris à travailler d’une façon méthodique et fructueuse, ce qui, tout de même était bien quelque chose. Et, finalement, ils durent convenir qu’elle en savait plus que la majorité des jeunes filles de son âge.

Or, si Marie-Rose était une très bonne élève, elle n’était pas exceptionnelle et beaucoup de ses compagnes étaient aussi instruites qu’elle.

La vérité est que si les religieuses étaient en général dépourvues de grades universitaires, elles recevaient une formation toute particulière qui en faisait d’excellents professeurs. Leur classe était très bien faite.

Entre ces deux jugements contradictoires :

« 1o La jeune fille sort du couvent l’esprit vide, le cœur fermé, incapable d’entendre celui qui va être son mari, incapable d’élever l’enfant qui va naître[3]. »

[3] Camille Sée, rapport sur la loi du 21 décembre 1880.

« 2o On a parlé des couvents d’un ton dédaigneux. On avait tort : les grandes congrégations avaient d’excellentes classes. On y recevait une éducation très soignée[4]. »

[4] Jules Simon, la Femme au vingtième siècle.

… il n’y a pas à hésiter, c’est le second qui est basé sur l’observation et l’expérience.

V
QUELQUES USAGES