Elle se figurait le beau garçon, soudain revenu, l’abordant, lui parlant, et sa voix sans puissance sur elle, sonnant à son oreille comme une autre. Plus rien de ce sursaut inouï que son sourire provoquait en elle: la délivrance.
Dans l’engourdissement de la prière et de l’immobilité, elle croyait cela fait vraiment.
Mais, à la sortie de l’église, un jet de lumière la frappait; les cris d’oiseaux, qui passaient vite, la réveillaient de ce sommeil, et la moindre silhouette familière d’arbre ou de coin de haie fleurie, où ils s’étaient assis jadis, la rejetait frémissante dans sa souffrance.
C’est pourquoi, si peu qu’elle l’osât, même qu’elle le souhaitât, croyait-elle; impuissante à trouver l’oubli, elle commença des prières pour le retour de l’infidèle. Non pour le reprendre, ni lui parler; ni surtout pour lui pardonner. L’idée seule de cette lâcheté l’indignait. Pour qu’il revînt seulement. Pour qu’il fût loin de la Margot; que le mauvais lien fût rompu.
Sans plus savoir ce que demandait Catheline, qu’on n’avait su, tout à fait au juste, la grandeur de son malheur, un revirement d’opinions se faisait en sa faveur.
On avait ri d’abord de sa vulgaire mésaventure. Les uns par malice simple. Les autres par rancune contentée. Certains parce qu’ils n’étaient pas celui que pleuraient de si beaux yeux.
Mais la simplicité de Catheline, la franchise de sa douleur, son silence, sa dignité, ses larmes inépuisables qu’elle apportait à la Sainte, avec l’abandon de la jeunesse, avaient ramené vers elle les sympathies.
En commençant, on avait tenu pour Séverin, le beau gars, dans sa fonction de galant, laissant l’une pour prendre l’autre.
On le blâmait à présent.
Si c’était si sérieux que ça, c’était déloyal de partir.