Elle ne voulait pas abandonner la Sainte, parce qu’elle n’en attendait plus rien, après les heures de paix charmante qu’elle lui avait dues.

Or, un soir qu’elle était là, comme elle en avait l’habitude, mais y était restée plus tard qu’elle ne faisait d’ordinaire, la porte de l’église s’ouvrit et retomba bruyamment.

Quelqu’un de peu soigneux entrait. On la tenait, en général, jusqu’à ce qu’elle fût refermée. Puis un pas monta l’allée.

Le corps de Catheline frémit; mais sans qu’elle bougeât de sa place.

Non! elle ne se retournerait pas. Tous les pas d’hommes se ressemblent. Et elle voulait bien montrer—à qui? elle ne savait pas—à son cœur, à son fol espoir, qu’elle ne comptait plus sur rien.

L’inconnu, lent comme un vieillard, parcourut ainsi toute la nef; puis il s’arrêta tout près d’elle, un peu en arrière de son banc; se laissa tomber à genoux, et on n’entendit plus d’autre bruit, que des soupirs de grande angoisse.

Tour à tour, l’homme se taisait, et recommençait à soupirer, comme s’il n’eût pu s’en empêcher, comme si ces soupirs eussent été les battements mêmes de son cœur, perceptibles à distance, par singularité.

Puis les soupirs s’étaient coupés de paroles; et cela faisait quelque chose de si suppliant ce mélange, de si désolé, de si passionné, que la jeune fille s’était levée, voulant s’enfuir.

«Grâce, murmurait la voix. Fais-moi grâce! je me repens...»

Était-ce elle ou la relique que l’on implorait ainsi? Elle ne voulait pas le savoir.