Après son premier examen, repris par sa passion, il s’était remis à travailler, rajustait machinalement, achevait les branches pendantes, égalisait celles qui restaient, mais toujours sans rien dire, et c’était dur à regarder pour l’auteur du dommage.
Enfin, le mot mélancolique des vieillards lui était venu, et, refermant son sécateur:
—A quoi bon, avait-il dit, je ne les verrai pas repousser.
Sans doute, l’endurcissement de François n’était pas encore bien profond, car sur ce mot il s’était mis à pleurer, comme aurait pu faire un de nous, et avait suivi de lui-même grand-père dans la maison.
Dans la chambre où ils rentraient, le buis achevait de se sécher, après avoir trempé le tapis.
Grand-père regarda un instant la mine attendrie du petit; puis, s’asseyant près des branches vertes:
—Maintenant, prépare tes rameaux, dit-il tranquillement à l’enfant. Nettoie-les, sépare-les. Tu iras les vendre demain à Notre-Dame de Versailles. Ce sera ta punition.
En vain François supplia-t-il, demandant toute autre expiation. Grand-père fut inflexible.
—Demain, quand tu reviendras, je te pardonnerai de tout mon cœur, et je te garderai chez moi. Mais c’est ça que tu voulais faire. Pourquoi ne le ferais-tu plus?
—Au moins vous prendrez l’argent? suppliait l’enfant en pleurant.